Accueil

Convention : Une année 2018 en demi-teinte

Faire prendre en compte les spécificités et les fragilités de l’exercice en milieu rural, sans atomiser davantage la représentation des pharmaciens auprès des institutions, telle est la finalité de l’APR.

C’est pourquoi notre association n’a jamais revendiqué de représentativité conventionnelle, mais a toujours participé, dans un dialogue constructif, à l’élaboration des projets de convention au côté des syndicats représentatifs.

Sur un sujet aussi important que notre convention avec l’assurance maladie, il nous appartient néanmoins, sans polémiquer, d’apprécier les résultats et de faire des constats.

Le premier est que les officines de proximité, et particulièrement les officines rurales, dont l’importance est reconnue et le service unanimement apprécié, ont été correctement considérées par les modifications de rémunération de 2014. Pas plus de discrimination en 2017, mais un système qui s’enraye : des curseurs trop bas et des nouvelles missions qui patinent.

Après deux exercices comptables, la contribution de l’avenant 2014 et 2015 au maintien de la rémunération officinale est incontestable. Cela, malgré l’intolérable pression sur les prix exercée à l’encontre du médicament délivré en officine.

Cette évolution marquante de notre rémunération a enfin amorcé la mutation de notre marge commerciale en honoraires. Mais nous n’avons pas pu nous investir dans les entretiens thérapeutiques au niveau souhaité.

Rappelons que ces entretiens, s’ils peuvent constituer un apport de rémunération notable, constituent un supplément de travail pour les pharmaciens, ce qui déséquilibre la balance.

Pour prendre toute leur place, leur forme doit évoluer vers une intégration à notre acte de délivrance des médicaments, grâce à l’amplification du dossier patient de notre logiciel officinal.

Quant à l’avenant signé fin 2017, nous attendrons ses fruits pour en juger. Toutefois, la présentation de chiffres manifestement erronés, pour en justifier la signature, ne peut que nous inquiéter. De surcroît, il est déjà écrit que cette nouvelle augmentation de la part d’honoraires ne parviendra pas à compenser les baisses de prix et l’augmentation des charges que nous subissons. Notons aussi que la valeur de référence des entretiens et du bilan de médication, intégrés aux calculs, a été majorée, alors que nous ne sommes même pas parvenus aux objectifs précédemment fixés.

Complexe dans ses modalités comme dans sa mise en œuvre, la nouvelle convention est susceptible d’être défavorable à certaines officines, c’est pourquoi une clause de sauvegarde prévoit un reversement du différentiel, par l’assurance maladie,  s’il s’avère que le nouveau mode de rémunération est moins bon pour l’officine.  Le calcul du comparatif devrait intégrer la totalité des rémunérations et des ROSP, dont les entretiens et le bilan de médication. Est-ce de nature à nous encourager à les effectuer ?

Devant une telle somme d’inconnues, on doute d’obtenir les sommes promises en compensation de la baisse des marges. La mobilisation de toute la profession sera nécessaire pour stopper cette chute sans fin.