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Transmission des analyses biologiques : légalement c’est possible !


Depuis la parution du décret n° 2016-46 du 26 janvier 2016 relatif à la biologie médicale, de nouvelles dispositions réglementent la phase pré-analytique.
Quand les prélèvements sont effectués en dehors du LBM ou de l’établissement de santé, leurs modalités doivent répondre à un « manuel unique des procédures pré-analytiques » qui en précise les conditions (transports, rupture de charge, stockage éventuel).
Rien ne s’oppose à ce que le LBM fasse mention du concours de la pharmacie d’officine dans son manuel unique.
Le pharmacien rural peut donc à nouveau transmettre des analyses en toute légalité lorsqu’il s’engage à respecter les conditions de certification du laboratoire.
Citons les arguments énoncés en faveur du maintien de ce service à l’officine lors d’une réunion avec Laboratoire de France :
L’exercice de la santé est plus difficile du fait des distances importantes et de l’incapacité des patients à se rendre dans des laboratoires souvent éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres. L’offre de soins notamment en biologie médicale se doit d’être le plus proche possible de la population, tout en conservant toute la rigueur nécessaire à une parfaite qualité du rendu des résultats d’analyses.
Définition du rôle du pharmacien dans l’offre de soin en milieu rural:
Le Pharmacien d’officine a un rôle central dans l’offre de soin en milieu rural. Cette responsabilité est reconnue dans les nouvelles décisions du gouvernement sur les pharmaciens: décisions visant à lutter contre la désertification médicale des campagnes. Retirer le rôle de transmetteur au pharmacien d’officine est en opposition à ce principe. Ce rôle est défini par la loi de 1975 et demande simplement a être adapté et précisé dans le cadre d’une accréditation selon la norme 15189. La formation des pharmaciens, la structure même des pharmacies rurales (Certains pharmaciens d’officines ayant déjà la certification ISO 9001) semble la mieux adaptée pour entrer dans le cadre de cette accréditation.
Les infirmières ne disposant pas de cabinet ouvert en permanence, seul le pharmacien d’officine est en mesure de recevoir les prélèvements d’urines et de selles. Le pharmacien d’officine pourra aussi donner à la clientèle les différents récipients avec les conseils adéquats quant aux conditions de prélèvement de ces échantillons. En outre, la possession d’une armoire frigorifique spécialisée est indispensable.
La collecte des informations de sécurité sociale et mutuelle est facilitée par le fait que le pharmacien d’officine possède soit des capacités de reprographie soit les informations dans les logiciels dont il dispose à la pharmacie. Souvent il possède les capacités de mise à jour des cartes vitales permettant la transmission d’informations fiables au laboratoire.
Lors de la remise des résultats, le rôle de conseil du pharmacien, s’il doit être précisé (les résultats sont remis sous plis cachetés …) ne peut être négligé du fait de sa formation.
Le paiement des analyses restant à la charge du patient avec éventuellement correction des droits de sécurité sociale et mutuelle ne peut s’effectuer que dans une lieu proche du domicile du patient. Une pharmacie, par sa structure, est parfaitement adaptée à ce rôle.

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