Qu’est-ce que l’APR ?

L’Association de Pharmacie Rurale en quelques mots

L’Association de Pharmacie Rurale est née en 1953 avec pour vocation de défendre l’exercice de la pharmacie en milieu rural et de remettre de l’ordre dans la création des pharmacies en France. A l’époque, il y avait deux fois plus de créations par dérogation que par voie normale, et la loi de répartition initiale n’avait comme intérêt que de limiter les créations d’officines dans les villes. Une anarchie qui virait à la catastrophe quand un pharmacien subissait une création à quelques centaines de mètres de chez lui, sans aucun moyen de se défendre. De plus, en se concentrant dans les zones de plus forte commercialité, le réseau officinal n’offrait pas la proximité souhaitée avec le domicile du malade.

La loi de répartition démo-géographique à laquelle l’APR a largement contribué tout au long de son évolution  a assaini la situation en mettant fin aux dérogations en 1999 et en imposant un respect réel du quota légal de population par pharmacie.

En réécrivant la loi, et en l’appuyant sur la cartographie proposée par l’APR, le législateur a voulu définir un cadre pour assurer l’avenir de l’exercice officinal tout en l’harmonisant avec les besoins des populations. C’est ce qui a fait la qualité du réseau actuel d’officines. Et c’est en cela que la loi de répartition des officines est une véritable loi de santé publique.

La spécificité rurale

On n’exerce pas la pharmacie de la même manière dans un lieu de passage et dans un village. Les relations avec les malades ne sont pas les mêmes, les besoins en matière de santé non plus, la connaissance de ses malades est différente. L’environnement médical est limité, l’hôpital souvent éloigné. Et de plus en plus, la pharmacie devient le seul lieu de santé accessible à tous sans rendez-vous et parfois jour et nuit dans les petits villages ou les bourgs. C’est pourquoi l’APR s’est toujours attachée à défendre la spécificité de l’exercice en milieu rural.

L’APR est avant tout une force de réflexion et de proposition qui, au côté des syndicats représentatifs et de l’Ordre des Pharmaciens participe à tous les grands débats qui font l’avenir de l’exercice de la pharmacie.

Le conseil d’administration de l’APR est uniquement composé de pharmaciens bénévoles, exerçant tous en milieu rural et investis dans des structures locales et nationales de santé. L’APR a pour vocation de représenter les quelques 7000 pharmaciens ruraux et péri-urbains. Elle dispose d’un bureau de 10 membres élus, invités dans toutes les discussions ministérielles ou associatives et d’un réseau de 90 délégués chargés de représenter la politique de l’APR dans les départements.

L’APR propose également un représentant des pharmaciens d’officine dans les commissions vétérinaires régionales pour l’agrément des plans sanitaires d’élevage.

L’APR se préoccupe particulièrement des dossiers suivants :

  • la sauvegarde du réseau français de pharmacies, notamment en milieu rural qui garantit à tous les citoyens français un accès égal aux médicaments
  • la défense des intérêts des pharmaciens comme partenaires des EHPAD, mettant en avant le fait que le pharmacien de proximité est le mieux à même de connaître ses malades, même une fois entrés en EHPAD et le seul à pouvoir assurer une permanence de délivrance y compris le dimanche et la nuit en cas d’urgence
  • la défense des pharmaciens délivrant des médicaments vétérinaires. En milieu rural nombre de pharmaciens sont confrontés à une double concurrence : celle des vétérinaires qui soignent et délivrent en même temps et celles des groupements de producteurs dont certaines pratiques sont en désaccord avec les règles de santé publique.

Mais surtout

Face à la désertification médicale et à la difficulté programmée d’accès aux soins pour plusieurs millions de personnes, l’APR ne cesse de tirer la sonnette d’alarme et de faire avancer des solutions.
Dès les années 2005, l’APR a alerté les pouvoirs publics, les administrations et les élus sur les risques qu’une désertification faisait peser sur les officines de proximité et par conséquent sur les populations souvent fragiles vivant en milieu rural.
Durant ces dernières années, différents ministères ont semblé prendre conscience du problème mais restent pour le moment sans solution. Les maisons médicales présentées par Xavier Bertrand comme une solution inespérée se révèlent, en fait, une arme à double tranchant. En raison du principe de siphonage de clientèle, nombre d’officines rurales risquent de se trouver vidées de leurs malades et donc vouées à une mort certaine alors que l’on a besoin d’elles pour faire face au tsunami de la dépendance qui va déferler sur les campagnes.

Face à cette désertification qui concernera vers 2018 plus de 20 % des officines de proximité, l’APR a décidé d’aborder la question dans sa globalité en incluant dans sa réflexion : la prescription, le patient et la pharmacie. Et en associant également tous les élus qui sont concernés au premier chef par la qualité de vie de leurs administrés.

Télécharger les statuts de l’APR